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Deux tiers des réponses de norvégiens à la "Lettre ouverte" du Centre Wiesenthal soutiennent Israël et le combat contre l’antisémitisme

Paris, le 14 août 2006

Le 8 août dernier, le directeur pour les relations internationales du Centre Simon Wiesenthal, M. Shimon Samuels, a adressé une "Lettre ouverte à la Norvège" pour protester contre un article de Jostein Gaarder intitulé "le peuple élu de Dieu" et publié dans le quotidien d’Oslo, AFTENPOSTEN.

M. Samuels a informé ce jour le rédacteur en chef du journal que "la Lettre a reçu plus de 700 réponses, 446, soit deux sur trois, critiquent les positions de Gaarder. Sur le tiers restant, 42 reproduisent quasiment mot pour mot un modèle de lettre-type d’une campagne de manipulation. Les autres sont d’une obscénité raciste indicible."

La lettre a souligné que "la pauvre tentative d’excuses de Jostein Gaarder dans votre édition du 12 août pour l’offense faite, n’a fait que le plonger encore plus dans la fange de la judéophobie – malgré son déguisement sous un langage biblique. Cette réponse est totalement inadaptée à la 'Lettre ouverte à la Norvège'."

Toutefois, Monsieur Samuels a présenté aussi ses propres excuses: "Ma 'Lettre ouverte' indiquait que 'Jostein Gaarder ... était tombé gravement malade, par méchanceté ou peut-être victime de la maladie d’Alzheimer, ou des deux peut-être.'"
M. Samuels a expliqué que "cette lettre avait été dictée d’un téléphone portable à partir d’un bunker d’un village kibboutz pour enfants handicapés en Galilée et sous les tirs de rockets du Hezbollah. A cause de la friture sur la ligne, mon secrétariat avait transcrit 'Alzheimer' au lieu de 'amnésie'. Mes excuses les plus sincères vont aux malades d’Alzheimer et à leurs familles."

La lettre faisait remarquer que "par la plus grande des ironies, le village de 'Kishorit', dans lequel ma famille est maintenant volontaire, est une installation commune juive et arabe qui illustre le fait que des handicapés n’ont généralement pas de préjugés. Ils sont trop occupés à se soutenir les uns les autres, face à l'indifférence du monde extérieur."

M. Samuels a aussi souligné que "Kishorit élevait des chiens de race mini-Schnauzer, connus pour leur importance dans les thérapies à base de soins aux animaux, particulièrement en sollicitant de l’affection des malades autistes ou Alzheimer."
(Voir ci-joint la lettre du directeur du village sur la défense des handicapés en temps de guerre qui, selon M. Samuels, est "plus éloquent que je n’aurais pu jamais l’être.")

La lettre de M. Samuels a souligné que "de tels projets, qui ont reçu le soutien du Centre Wiesenthal, sont un test pour la démocratie qui peut se mesurer à l’aune de l’attention portée aux plus faibles: les handicapés, les personnes âgées, les minorités." Il a ajouté, "Kishorit était aussi un hymne à la vie et, malgré le désespoir au niveau individuel, un chemin pour la réhabilitation et l’amélioration de la qualité de vie des générations futures. En fait, un défi à la culture de mort, l’incitation au suicide et au martyre de ceux qui menacent la démocratie."

Le Centre a évoqué son intérêt dans le "développement d’une pédagogie de vie, véritable recueil des meilleurs modes de survie... Pour nous, le survivant de la Shoah (Holocauste) est un tel exemple. Sortir de l’enfer après avoir tout perdu et reconstruire une vie et une famille est une victoire sur Auschwitz. Nous invitons tous les Norvégiens à se joindre à un brain-trust général pour renforcer les stimulants à la vie."

M. Samuels de conclure qu’il considérait "les 445 courriers de soutien à la 'Lettre ouverte' comme un échantillon représentatif de l’intégrité norvégienne et qu’il accueillait ces auteurs comme une section de la Norvège à l’intérieur du groupe des 440.000 membres du Centre Wiesenthal dans le monde. Monsieur le Rédacteur en chef, notre 'Lettre ouverte au peuple norvégien' était vraiment justifiée."


Lettre de Shuki Levinger, directeur du kibboutz Kishorit

Date: 08/08/2006 09:31
RE: Zone de combat

Je vous écrit à partir d’un abri d’un kibboutz – institution éducative pour handicapés près de Carmiel en Galilée – une zone qui a reçu près de 200 katioushas par jour. Celles qui tombent autour de nous en ce moment sont assourdissantes.
Je vous envoie une lettre du directeur de ce kibboutz qui présente l’aspect humain de ce drame.

Shimon Samuels

 

18 juillet 2006

Chers amis,

Merci pour vos préoccupations. Supporter les roquettes ne fait pas partie de notre tâche mais c’est devenu une partie de notre routine quotidienne. Pour les conséquences à long terme de cette situation, nous les étudierons ensemble, une fois la guerre terminée et le ferons en paix (dans tous les sens du mot).

Pendant ce temps, Kishorit est en état de haute alerte mais je dois admettre qu’il n’est pas pratique de garder toute notre communauté dans des abris sous terre toute la journée. C’est trop terrifiant pour nos membres qui doivent revenir à l’air. Etant sur la ligne de feu, nous n’avons pas d’autre choix que de rester à l’intérieur, près des abris. Lorsque nous entendons l’explosion d’une katioucha, nous courrons tous à l’abri le plus proche. Cette semaine, le shabbat n’était pas jour de repos à Kishorit. Vingt cinq katiouchas ont plu autour de nous, frappant Carmiel et Majd el-Crum, tous deux si proches et causant des blessés et des dommages. Ce ne sont pas seulement nos voisins les plus proches mais aussi les lieux de résidence de nos employés.

Dans cet obscur tunnel, la lumière a été représentée par le succès de l’appel impromptu à tout le personnel, juif comme arabe, abandonnant sa famille aussi bien de Carmiel que de Majd el-Crum pour venir s’occuper de nos membres au village. Au quotidien, les divisions religieuses, culturelles ou politiques entre tous les Galiléens, arabes ou juifs, disparaissent miraculeusement aux portes de Kishorit. Mais là, il est beaucoup plus difficile de les mettre de côté. Aussi, je suis très fier que tous mes employés du secteur arabe aient choisi d’abandonner leurs femmes et enfants (eux-mêmes dans la zone de combat) pour s’occuper d’une communauté qui avait besoin d’eux. Ce n’est pas une petite chose!

S’agissant des membres et de leur comportement sous la tension : Il y a eu des crises de larmes et quelques agressions dues à la panique mais, dans l’ensemble, je pense que cette population particulière comprend profondément que nous ne l’avons pas abandonnée et que, dans la plus grande mesure possible, nous sommes là pour et avec eux. Ainsi, les périodes de calme durent plus longtemps que les périodes de crise.

Nous avons certainement été aidés parce que nous avons eu de multiples activités faites pour réduire la tension. Comme la tombée de la nuit est le moment le plus difficile, nous avons organisé une soirée dansante (que nous avons appelée "Tel Aviv disco"), un autre soir était consacré à la chanson, un autre à un marathon de films. Selon les directives de l’Armée pour la défense passive, ces manifestations ont eu lieu au rez-de-chaussée du Clubhouse, qui est pour nous l’endroit le plus sûr des réunions. Selon les instructions de notre psychiatre, nous avons ajouté des hydrates de carbone au menu normal, pour diminuer le niveau du stress. Toutes nos industries ont fermé. A l’exception des chiens et des chèvres qu’il faut nourrir, il n’y a pas d’activités. Les classes d’équitation ont été annulées. Il n’y a pas de fabrication chez PastelToys et les champs ne sont pas entretenus. Les revenus sont immobilisés, un lourd prix que nous aurons à payer quand tout sera fini.

Pour l’instant, toute tentative d’estimation des dommages à long terme de notre microéconomie serait déraisonnable. Cela fera partie des conséquences qu’il nous faudra supporter. Pour l’instant, nous sommes préoccupés de rester en vie et en bonne santé, ce que nous avons réussi jusque là.

Pour terminer, sachez que vos appels et vos e-mails sont merveilleux et dopent notre moral sans fin. Parfois, Kishorit semble très loin de l’aéroport Ben Gourion et du reste du monde, mais dans de telles périodes, nos amis nous semblent très proches.

Sincèrement vôtre,

Shuki Levinger et la famille de Kishorit

site web: http://www.kishorit.org


 

Pour plus d’informations, veuillez contacter Shimon Samuels au +33 6 09 77 01 58.

 

 

 

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